Un numérique écoresponsable et sobre, nouvel enjeu éducatif

A l’heure de l’urgence climatique et de l’accélération de l’impact du numérique sur l’environnement, introduire une éducation pour un numérique écoresponsable et sobre relève de la Santé publique. Pour une génération gouvernée par (leurs aînés) de bonnes intentions mais de mauvaises idées, et aujourd’hui en grande souffrancePour limiter tant l’addiction aux réseaux sociaux, que la propagation des fake news et en terminer avec les cures détox digitale, mieux vaut en effet prévenir plutôt que guérir. Voici (les premiers pas du) comment et pourquoi.

Expert des réseaux sociaux et des questions d’e-réputation, Serge Dielens a observé la poussée d’angoisse qui a accompagné en ligne les récents témoignages sur les attaques à la piqûre. L’auteur analyse la propagation de rumeurs y liées et s’interroge sur la possibilité d’introduction d’une forme nouvelle d’éducation à la citoyenneté. Lui-même au carrefour de disciplines et de didactiques multiples et variées, c’est fort de son expérience à la fois d’observateur des addictions aux réseaux sociaux, d’auteur (alorsquoidemain.com) et d’enseignant (en haute-écoles, universités et secondaire, depuis quatre décennies), qu’il estime aujourd’hui être paré pour former les citoyens de demain. Il n’est pas le seul à considérer que le contexte actuel d’urgence (urgence climatique et accélération de l’impact du numérique sur l’environnement) nous oblige à réfléchir (pas trop longtemps) puis agir (ASAP) pour une éducation à la sobriété numérique …non seulement pour les jeunes #maispasque.

Dans la foulée de l’angoisse provoquée par les attaques à la piqûre, il est urgent d’introduire une éducation pour un numérique écoresponsable et sobre, pour devenir, le plus rapidement possible conscient.e à la fois de l’impact environnemental des technologies et de leur utilisation.

Un numérique écoresponsable et sobre, c’est un véritable nouvel enjeu éducatif.

Voici pourquoi.

15 minutes de lecture

« Une publication tourne sur les réseaux sociaux depuis ce dimanche. Une jeune femme explique avoir été piquée et droguée dans un café de la rue de la Clef à Mons, vendredi soir. Pour éviter qu’il y ait d’autres victimes, Lara a décidé de témoigner. »

Sud-Info (quotidien belge), 06/06/2022 (*)

Depuis la réouverture des lieux festifs (le trimestre passé), il y a eu quelques dizaines de plaintes pour attaque à la piqûre … dont certaines « avec trace de GHB », sans qu’il soit possible d’établir un lien. Après une montée en puissance des cas d’agressions au GHB l’automne dernier dans les bars, ce sont maintenant les boîtes de nuit qui inquiètent depuis quelques semaines les jeunes (et certains parents). Le relais de ces attaques sur les réseaux sociaux alimente l’angoisse de certains internautes.

C’est vrai qu’il existe une psychose dans les boîtes de nuit. Des jeunes le proclament : je connais un copain qui a une copine qui a été victime d’une attaque à la piqûre ! Typiquement, il y a là des éléments de rumeur sociale liés à l’angoisse de l’agression, qui existe notamment chez les filles #maispasque. Des angoisses alimentées par des faits car, oui, il peut y avoir des agressions après le versement de GHB dans un verre, oui, la drogue entraîne une perte totale de conscience. Ajouté à l’angoisse de sortir seul.e en rue après le coucher du soleil… le décor n’est pas des plus engageants. Après deux ans de pandémie, que penser des témoignages d’agressions à la piqûre et des symptômes décrits, qui ressemblent à ceux du GHB ?

Danger il y a, c’est clair. Des gens qui se sont fait piquer, il y en a eu…même s’il n’y a pas forcément de liens de corrélation… mais que dans un climat anxiogène accru pour les jeunes depuis deux ans, certains peuvent les faire. Tous ces faits disent socialement plusieurs choses à propos des angoisses de notre société. Mais au bout du compte, la véracité, elle, se base uniquement sur des éléments médicaux et des faits tangibles.

Alors quoi, est-il possible d’injecter du GHB à l’insu de la victime ?

Tous les membres du corps médical le confirmeront : une injection, ça ne se fait pas en une seconde ! Sur le plan purement médical, injecter du GHB, ça ne peut pas fonctionner. C’est beaucoup plus simple de le mettre dans un verre. Mais si vous ajoutez la phobie des piqûres au climat anxiogène accru depuis la pandémie de Covid, ça peut donner un drôle de mélange, avec des jeunes convaincus de ce qu’ils disent, surtout après la vaccination d’une grande partie de la population par injection. Dans l’inconscient collectif, ça a généré quelque chose autour de ça.

En fait, bien souvent, nous avons tendance à grossir le trait de nos sources de stress, c’est ce que l’on appelle le biais négatif. Nous sommes trois fois plus sensibles aux évènements négatifs qu’aux évènements positifs ce qui fait que nous avons une tendance naturelle à stresser et, parfois, à faire une montagne d’un évènement qui, au final, n’a qu’une importance relative.

Vous ajoutez les réseaux sociaux qui sont le plus grand vecteur de rumeurs qui existe, et ça peut donner une combinaison très particulière. Car, même si les réseaux sociaux existaient déjà avant le Covid, ils sont devenus l’unique moyen de communication des jeunes qui les ont complètement investis pendant les périodes de confinement. Ils relèvent aujourd’hui de ce que l’historien français des sciences sociales Michel de Certeau appelle les « pratiques du quotidien» (**). Les réseaux dits « sociaux » sont des outils de communication qui créent du lien social mais qui participent aussi à la création de l’imaginaire.

Mise en scène de soi et victimisation

Exemple : Instagram, le réseau qui formate nos vies, standardise nos goûts, bouleverse notre économie, redessine notre rapport au réel. Elle abreuve nos cerveaux d’images sensées nous apporter du plaisir, jusqu’au trop plein, parfois même la dépression. Corollairement associée aux réseaux sociaux, la mise en scène de soi induit certain.e.s à se montrer comme victime. Qu’elle soit réelle ou supposée, cette victimisation alimente le sujet et, pour certains, constitue un phénomène narcissique. Ces attaques à la piqûre deviennent dès lors facilement quelque chose d’incarné et beaucoup y croient à cause de la multiplicité des partages.

L’image fait partie de la communication digitale. Avec le portable, la pratique de la photo est quotidienne ; il ne coûte rien de prendre une photo et de la diffuser. Le smartphone participe donc grandement à la viralité du message. Message qui dans le cas qui nous occupe – attention – comporte aussi une part de vrai, une trace de piqûre par exemple. Ce fait est réel. Mais il est dénaturé et peut générer des interprétations erronées. C’est ainsi que naissent les rumeurs et la majorité des fake news (infox).

Si la rumeur existe depuis que l’humanité existe -elle est consubstantielle de notre vie en société- néanmoins, le nombre de cas réels est statistiquement faible au regard des centaines de milliers de personnes qui sont allées en boîte de nuit ou à un concert durant le trimestre passé. Pourtant les témoignages se multiplient, photos à l’appui, sur les réseaux sociaux et dans une certaine presse, avide de clics.

Alors quoi, ces piqûres, fantasme ou réalité ?

Indéniablement, il y a eu des traces de piqûre constatées médicalement ; c’est un fait (cité plus haut). Mais l’imaginaire ne demande-t-il pas à être nourri ?

Cette « nourriture » de notre imaginaire, elle abonde sur les réseaux sociaux… où la recherche de notoriété et le rétropédalage sont fréquents. Certains jeunes se sont déjà faits piégés : une fois qu’un message est parti, qu’il a été relayé et interprété, plus moyen de l’effacer. Il faut faire soit de la médecine préventive, soit du curatif très tôt/vite, sinon c’est impossible à maîtriser.

Comment éduquer, apprendre, sécuriser, corriger une réputation ? Des solutions existent. L’intégration de cet apprentissage doit commencer très tôt dans l’éducation des enfants/adolescents/adultes. Car nous sommes tou.te.s des victimes potentielles. Plus encore de failles de réputation que de piqûres potentielles. Car outre les boîtes de nuit, une certaine presse avide de sensationnalisme localise déjà des piqûres dans les transports en commun et dans les enregistrements d’émissions télé.

En fin de compte, est-ce qu’il y a des gens piqués ? Oui. Autant que ce que disent les réseaux sociaux ? On ne sait pas. Mais oui, on peut se retrouver avec un phénomène de légende urbaine qui devient hors de proportion par rapport à sa réalité tangible quand un fait réel est déformé, amplifié, alimenté par la rumeur. Dans le cas présent, les piqûres ne sont pas une légende, mais la réalité est distendue par la viralité. Et le phénomène d’amplification est alimenté par les photos qui ont une grande force de persuasion.

La viralité peut déformer le message et le phénomène, qui était confidentiel, devient un phénomène d’actualité à cause de la bêtise humaine de certains qui vont vouloir piquer pour exister. C’est à cause de ce phénomène de copiage et de défis accentué par les réseaux sociaux (et, avouons-le, relayé avec satisfaction par certains journalistes) que la Police ne donne plus le nombre de voitures brûlées à la Saint-Sylvestre depuis plusieurs années.

Malgré tout, les plaintes pour agressions sexuelles se multiplient, au point qu’une opération #Balancetonbar a vu le jour sur les réseaux sociaux. Comment l’expliquer ? Vous n’y avez peut-être plus mis les pieds depuis très longtemps mais il est évident (et constaté) que la consommation d’alcool et de substances s’est accrue dans les soirées et autres boîtes de nuit. Comme s’il fallait -en ces lieux/à ces occasions- en profiter à 300 %, se vider la tête, tout en étant hyperconnecté à la musique et aux autres.

Dans le même temps, de plus en plus de jeunes n’arrivent plus à conceptualiser. Leurs failles cognitives les amènent à avoir un défaut de représentation de l’autre, de qui il est, du respect et de la distance à avoir. Une jupe un peu courte ou – plus simplement encore – du rouge à lèvres sur la bouche d’une jeune femme peut être pris pour une invitation à aller plus loin dans le rapport à l’autre alors qu’il n’en est rien. Toutes les filles le confirmeront, la notion de harcèlement a profondément changé. Si vous êtes de sexe féminin, qu’il est 3 heures du matin et que vous souhaitez vous promener librement sans être importunée tous les cent mètres, mieux vaut sortir à Séoul qu’à Bruxelles. En effet, on assiste à une dégradation très massive des relations cognitives depuis quelque temps, avec des jeunes qui n’arrivent plus à anticiper les conséquences de leurs gestes. Cela amène certains à ne pas pouvoir se décentrer et à prendre en considération le fonctionnement de l’autre tel qu’il est vraiment.

Jonathan Haidt : “Les réseaux sociaux ont plongé toute une génération dans la dépression”

Selon le psychologue social et prof d’éthique à l’université de New York (Stern school of business), les réseaux sociaux sont en train de détruire nos sociétés démocratiques, entre trumpisme et wokisme. Sa thèse (« Why the past 10 years of american life have been uniquely stupid »), chargeant à fond les réseaux sociaux qui fragmentent, selon lui, la société et menacent nos démocraties libérales, a fait grand bruit aux Etats-Unis (***).

« T’es tendue, Natacha ! »

Jonathan Haidt prétend que les jeunes américains sont tentés par la « culture victimaire », conséquence délétère de l’expansion spectaculaire des réseaux sociaux ces dix dernières années. Reste que, dans cette Babel fragmentée, l’inquiétude pour ces piqûres est réelle et compréhensible pour des jeunes beaucoup plus tendus qu’avant. Tendu.e.s pour les examens, tendu.e.s quant à leur avenir, tendu.e.s (presque) constamment. D’où le besoin régulier de se lâcher, de s’évader du monde réel/virtuel. Comment répondre à cette tension sans la nier ?

 “La génération qui arrive maintenant à l’âge adulte a appris 3 grandes contrevérités :

  • leurs sentiments sont toujours justes ; 
  • ils doivent éviter la douleur et l’inconfort; 
  • et ils devraient rechercher les défauts des autres et non d’eux-mêmes.  Ces trois grands mensonges font partie d’une philosophie plus large qui considère les jeunes comme des créatures fragiles qui doivent être protégées et surveillées par des adultes.  Mais malgré les bonnes intentions des adultes qui les transmettent, ces grandes contrevérités nuisent aux enfants en leur enseignant l’opposé de la sagesse ancienne et le contraire des découvertes psychologiques modernes sur le courage, la croissance et l’anti-fragilité.  Le résultat est une augmentation des taux de dépression et d’anxiété, ainsi que des histoires sans fin de campus universitaires déchirés par des divisions moralisatrices et des récriminations mutuelles. »
Extrait de « The coddling of the american mind”, Jonathan Haidt (écoutez gratuitement 5 minutes des premiers chapitres ici).

Bonnes intentions + mauvaises idées => toute une génération ratée ?

« Les jeunes » peuvent-ils continuer à sortir en groupe, pour se rassurer ? Bien évidemment… à condition de s’autosurveiller pour être sûrs qu’aucun.e ne risque rien. Solidarité, intelligence collective, respect et bienveillance réciproque lors de sorties en groupe (et, exceptionnellement, en individuel(le).

D’autre part, à titre individuel et plus préventif, tendre vers une sobriété numérique, vers des gestes écoresponsables, peut réorienter/rééduquer toute personne ayant été piégée par le côté obscur des réseaux sociaux.

« La transition écologique et la transition numérique ont donné naissance à un nouvel enjeu sociétal : la sobriété numérique. C’est une problématique au croisement des humanités numériques et des sciences de l’environnement, qui consiste à comprendre nos impacts technologiques sur l’environnement et à les modérer. De fait, l’empreinte numérique est aujourd’hui de 4 % et ce pourcentage aura doublé en 2023. »

Sarah Descamps, Gaëtan Temperman et Bruno De Lièvre « Vers une éducation à la sobriété numérique « in Humanités numériques, revue soutenue par l’Institut des sciences humaines et sociales du CNRS (5/2022, ****)

Le numérique est perçu comme un outil magique qui est également le coupable de tous nos maux. « Le numérique en soi n’est pas bon ou mauvais. Il doit trouver sa place comme simple auxiliaire permettant aux citoyens de mieux vivre et non pas de se développer dans nos sociétés tel un parasite » (Courboulay, 2021, *****). Soulignons que les transformations numériques ont introduit de nombreuses nouvelles pratiques et perspectives innovantes à l’humanité. Comme cela a été envisagé dans d’autres domaines, l’Homo numericus a maintenant (plus que jamais) besoin de modifier son regard sur l’environnement pour surmonter les obstacles du numérique (voir Doueihi, 2011, *******).

Les nouvelles technologies ont en effet provoqué des changements et des débats dans l’ensemble de notre société : l’e-santé, l’e-surveillance, les GAFAM, l’e-commerce, l’e-monnaie, les impacts du numérique sur l’environnement ou encore l’obsolescence programmée. Cependant, pour le moment, l’humanité ne tire pas encore pleinement profit de ces technologies dans la mesure où les citoyens n’identifient pas les aspects positifs et négatifs de chacun de leurs usages.

Qui va orienter son regard sur l’environnement (et dans quelle direction) et comment surmonter les obstacles du numérique ?

La sobriété numérique, nouvelle compétence pour une visée d’excellence

La Commission européenne au travers de son Digital Competence Framework (DigComp) (Carretero, Vuorikari et Punie 2017) a identifié la protection de l’environnement comme l’une des compétences numériques du xxie siècle. Ainsi, il s’agit d’être conscient de l’impact environnemental des technologies et de leur utilisation. A l’heure où le Métavers nous promet une nouvelle vie entièrement digitale et où les NFT (non-fungible tokens) prouvent l’authenticité d’un produit numérique, ces nouveautés font déjà des adeptes et le volume d’échanges de NFTs pour la fin 2021 atteignait plus de 10 milliards de dollars. On se demande quels impacts environnementaux, sociaux et sociétaux ils induisent ?

En outre, le rapport Pour une sobriété numérique de The Shift Project (Ferreboeuf, 2018) stipule que notre consommation énergétique augmente de 9 % chaque année. Mais, en s’inscrivant dans une démarche de modération, ce chiffre pourrait diminuer en atteignant 1,5 % par an selon ce même rapport. Signe de la multiplication de nos usages numériques, selon le rapport Digital 2021, l’internaute passe en moyenne 6 heures et 54 minutes par jour à utiliser Internet, c’est-à-dire environ 42 % de sa vie éveillée (Kemp 2021).
Installer une démarche de sobriété numérique, c’est s’inscrire dans un numérique responsable. En effet, étymologiquement, la sobriété signifie la tempérance, la modération, la mesure. L’emploi de ce terme, réservé initialement à l’alimentation, s’est élargi à d’autres secteurs comme l’énergie ou le numérique.

L’ambition est que l’enseignement obligatoire et supérieur s’empare de cette tension pour initier une éducation à la sobriété numérique. Partant du constat que les « natifs du numérique » (digital natives) peuvent être la source d’un changement durable et d’une diffusion des gestes écoresponsables, certains pédagogues essaient de conceptualiser cette nouvelle compétence du xxie siècle.

Ainsi, selon les auteurs-ingénieurs-pédagogues belges Sarah Descamps, Gaëtan Temperman et Bruno De Lièvre (du Service d’ingénierie pédagogique et du numérique éducatif, faculté de psychologie et des sciences de l’éducation, université de Mons, Belgique ; dans « Vers une éducation à la sobriété numérique «  in Humanités numériques, 5/2022, ****), il est possible d’organiser cette nouvelle compétence (la sobriété numérique) en trois dimensions pour l’introduire dans l’Education (avec un grand E) :
1 – La première porte sur la compréhension et l’analyse de l’impact du numérique/des TIC (Technologies de l’Information et de la Communication). Elles peuvent s’effectuer en prenant en main une méthode complète et visuelle telle que l’analyse du cycle de vie.
2 – Concernant la deuxième dimension, l’identification de solutions numériques pour l’environnement doit se traduire par une conscientisation du greenwashing, un aiguisement de l’esprit critique et une analyse nuancée des impacts du numérique.
3 – Enfin, le troisième axe consiste à utiliser les technologies et à agir collectivement en appliquant par exemple la règle dite des 5 R : refuser, réduire, réparer, réutiliser, recycler.

 Alors quoi, la Sobriété ?

Pas vraiment un terme en vogue chez les jeunes, non ? Avenir de la nation, les natifs du numérique (digital natives) peuvent/doivent être la source d’un changement durable et d’une diffusion des gestes écoresponsables (qui répondent de leurs actes, et pas seulement de leurs idées/revendications).

Quels gestes numériques et écoresponsables ? #economiecirculaire #reemploi #rienjeter #recyclage

Qui va enseigner cette matière ? #prof #intelligencecollective # formation

Définissons-les ensemble dans un prochain article/cours/conversation/rendez-vous, voulez-vous ? Entretemps, gardons au quotidien les technologies pour ce qu’elles ont de meilleur pour améliorer l’Homme tout en conservant un souci écologique réel => pas de greenwashing, ni d’addiction (FOMO, Fear Of Missing Out : «peur de rater quelque chose») et autre. Alors quoi? Si vous pensez à (ou possédez) des pistes pédagogiques pour traiter cette thématique, envoyez ! Nous y reviendrons certainement 🙂

@sergeDedge – sergedielens.com – 14 juin 2022

 

Mots-clés :

#enseignement #litteratienumerique #etudesenvironnementales #sobrietenumerique #education #sobriete #greenwashing #ecoresponsable #cours #humanisme #greentech #techforgood #lowtech #ecodesign #greenIT #prof #intelligencecollective # formation #economiecirculaire #reemploi #rienjeter #recyclage

SOURCES – REFERENCES :

(*) Quotidien belge Sud-Info, 06/06/2022. Voir aussi : reportage sur LN24.

(**) Michel de Certeau, L’invention du quotidien. Publié en deux volumes en 1980 et fruit d’un travail de recherche collectif, “L’invention du quotidien” propose une perspective singulière sur les pratiques culturelles en France. L’historien propose une anthropologie ouverte et singulière de la consommation culturelle en France. L’invention du quotidien constitue un jalon important, tant dans le travail foisonnant et stimulant de Michel de Certeau que dans l’histoire des sciences sociales, malgré une reconnaissance tardive.

(***) Jonathan Haidt ne “critique par internet en général, mais un modèle commercial en particulier : celui lancé par Facebook, dans lequel l’utilisateur n’est pas le consommateur mais le produit”. Méconnu de ce côté de l’Atlantique, Jonathan Haidt est une star intellectuelle aux Etats-Unis. Professeur de “leadership éthique” à la prestigieuse New York University (Stern School of Business), ce chercheur a acquis une solide réputation dans le domaine de la psychologie morale via The Righteous Mind et The Coddling of the American Mind, deux best-sellers autant prisés par le grand public que scientifiquement novateurs.  Reprenant ses recherches sur les fondations morales des choix politiques et la fragilité des jeunes Américains tentés par la culture victimaire, le professeur analyse avec brio les conséquences délétères de l’expansion spectaculaire des réseaux sociaux ces dix dernières années. L’Amérique est, décrit-il, similaire à une Babel fragmentée, et l’avenir proche n’annonce rien de bon. Ce qui ne l’empêche pas, fidèle à la visée réconciliatrice qui l’anime – il est notamment cofondateur de l’Heterodox Academy, qui cherche à accroître le pluralisme, la compréhension mutuelle et le désaccord fécond – de proposer des pistes concrètes pour que nos sociétés démocratiques puissent à nouveau parler le même langage. Depuis la publication de ce brûlot, Jonathan Haidt est très sollicité par les médias américains.

(****) Sarah Descamps, Gaëtan Temperman et Bruno De Lièvre, « Vers une éducation à la sobriété numérique », Humanités numériques [En ligne], 5 | 2022, mis en ligne le 01 juin 2022, consulté le 11 juin 2022 ; DOI : https://doi.org/10.4000/revuehn.2858

(*****) Courboulay, Vincent. 2021. Vers un numérique responsable. Repensons notre dépendance aux technologies digitales. Arles : Actes Sud/Colibris. Derrière une image immatérielle, la révolution majeure qu’est le numérique a un impact considérable tant sur l’environnement qu’au niveau social. Aucun secteur d’activité n’a eu une incidence si systématiquement négative sur la planète tout au long de son existence, alors qu’il se présente drapé dans des habits de lumière. Pourtant le numérique en soi n’est ni bon ni mauvais. Il doit trouver sa place comme simple auxiliaire permettant aux citoyens de mieux vivre.
Pour l’auteur, repenser nos usages est une nécessité…

(*******) Doueihi, Milad. 2011. « Un humanisme numérique ». Communication & langages 167 : 3-15. .
DOI : 10.4074/S033615001101101X

+ Ferreboeuf, Hugues. 2018. Pour une sobriété numérique. Paris : The Shift Project. 
DOI : 10.3917/futur.429.0015

+ Fred Cavazza, 14/06/2022,  Panorama des médias sociaux 2022. Chaque année, Fred Cavazza propose un tour d’horizon des tendances, usages et acteurs des médias sociaux. « Il y a d’une part les problèmes liés aux vérités alternatives, mais également les contenus haineux et les nombreuses arnaques : Forget fake news, it’s all about scams on social media. Si le bras de fer entre les législateurs et les grandes plateformes se poursuit, les scientifiques et sociologues bénéficient maintenant d’un minimum de recul pour remettre en cause les théories qui sont à l’origine de ces régulations et notamment les fameuses bulles de filtres : How Harmful Is Social Media? « 

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