Tourisme *** Quand Google disrupte les disrupteurs

Tourisme – Quand Google disrupte les disrupteurs

Résumé *** Pendant que le tourisme de masse s’accroît de manière inquiétante et que certaines villes/régions déploient des dispositifs limitant la dégradation de la biodiversité ou l’agacement extrême des riverains (Dubrovnik, Barcelone), une bataille plus “numérique” est en train de se jouer dans le secteur du “voyage”. Quand le loup revêt ses habits d’agneau, certains acteurs du secteur du voyage (et non des moindres) font la GRIMMace!

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Le nombre de touristes augmente d’année en année. Les chiffres sont là, implacables. Selon les données de l’OMT, nous sommes passés 700 millions de touristes en 2000 à plus de 1,5 milliard aujourd’hui. Un chiffre vertigineux qui a plus que doublé en à peine 20 ans. L’arrivée massive de nouveaux touristes, en provenance d’Asie notamment, la réduction du temps de travail et la multiplication des low-cost expliquent en partie cette croissance qui n’est pas prête de s’arrêter.

Selon l’Organisation mondiale du tourisme,

  • 1,4 milliard de personnes ont voyagé à l’étranger en 2018, soit 6% de plus que l’année précédente;
  • l’Europe qui continue d’attirer la majorité de ces visiteurs (713 millions), devant l’Asie-Pacifique (343 millions) et le continent américain (217 millions);
  • lors du premier semestre 2019, le nombre de touristes étrangers a encore progressé de 4% en un an.

Cet afflux migratoire de courte durée commence à avoir de sérieux impacts sur les destinations préférées des routards, croisiéristes et autres amateurs de séjours organisés. Plages bondées, centre-villes abandonnés par leurs habitants car chassés par AirBnb, monuments fragilisés par les pas de millions de curieux, mauvaise gestion des déchets laissés par les touristes pressés…

Le tourisme, bienfait ou fléau ?

Conséquence de cet afflux massif de voyageurs, des villes et des sites se retrouvent vite saturés, pollués, endommagés et donc menacés. Qui n’a pas entendu parler de sur-tourisme à Venise, Split ou Barcelone. Les tombeaux d’Egypte, le Machu Picchu, chez nous le Mont Saint-Michel sont eux aussi mis à mal. Même la Suisse commence à se plaindre d’un phénomène de sur-tourisme.

Longtemps, les municipalités ont fait des pieds et des mains pour attirer la clientèle étrangère et empocher leurs devises mais aujourd’hui, de plus en plus des villes et de communes tentent de freiner cet afflux de visiteurs. Lassés des hordes de touristes qui encombrent leurs rues, les habitants de Barcelone, Dubrovnik ou Budapest (Hongrie) expriment de plus en plus souvent leur ras-le-bol. Autre effet pervers : la hausse des prix avec des propriétaires qui préfèrent louer leurs appartements aux touristes. Quota, interdiction, tarifs prohibitifs… Toutes les méthodes sont bonnes pour freiner l’arrivée des visiteurs étrangers qui saccagent les lieux paradisiaques, et se précipitent chaque fois plus nombreux sans se soucier de la biodiversité.

Le tourisme peut apporter à la fois richesse et ruine

Il faut se rendre à l’évidence, le fléau du tourisme de masse n’est pas appelé à se réduire dans un avenir proche. Bien au contraire: l’an dernier, à peine 120 millions de Chinois possédaient un passeport mais ce nombre devrait doubler dès 2020. Quand on sait que la république populaire abrite plus de 1,38 milliard d’habitants, on peut s’inquiéter de ce qui pourrait advenir lorsque la majorité d’entre eux auront ce précieux sésame nécessaire pour quitter leur territoire. Les quotas n’ont pas fini de se multiplier pour protéger notre nature en péril et nos monuments si fragiles… à moins que les millions (bientôt milliard) de caméras de rue, et la méthode de “contrôle social” -déguisée en système de récompense- qu’elles permettent, ne viennent à limiter le nombre de voyageurs chinois désireux de voyager hors frontière.

Après le secteur du voyage, à qui le tour?

Disruption au carré

Google Flights est l’un des moteurs de recherche de vols sur Internet le plus puissants. La solution est facile à utiliser. Elle est dotée d’une multitude de fonctionnalités facilitant la recherche de billets d’avion. est facile à utiliser. Elle est dotée d’une multitude de fonctionnalités facilitant la recherche de billets d’avion. Une première version du comparateur de vol avait été lancée en 2013 mais celle-ci était restée incomplète et destinée avant tout aux voyageurs américains. Fin février 2015, Google annonce avec sobriété de nouvelles fonctionnalités qui se révèlent à l’usage simples et efficaces. En 2018, le moteur de recherche a dévoilé une refonte majeure de sa conception, en ajoutant et en améliorant des fonctionnalités. Six ans après son lancement, que peut-on observer?

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Même s’il affiche pas mal d‘inconvénients, son site de voyage génère déjà plus de revenus que tout autre site de voyage. L’année dernière, Google a gagné environ 18 milliards de dollars via les agences de voyages en ligne. Alors que les revenus du plus grand agent de voyages en ligne (Booking.com) ont eux atteint 14,5 milliards de dollars. Sans oublier que ces entreprises de voyages en ligne paient toujours à Google des milliards de dollars par an (pour scorer le plus haut possible sur la première page du moteur de recherches).

La suite? Il est peu probable que Google tue complètement les Expedia, Booking et autres TripAdvisor. Mais il y a fort à parier que Google leur vende suffisamment de clients potentiels juste pour les fidéliser… tout en détournant progressivement de plus en plus leurs activités. Google demande désormais à ces entreprises de plus en plus d’argent pour apparaître en haut de ses résultats de recherche.

Fameux coup de pied dans les dents, non? Pour n’importe quelle entreprise, être à la merci de Google, c’est bien le dernier des souhaits à l’aube de cette nouvelle décennie.

Après le secteur du voyage, à qui le tour?

Et vous, dès 2020, comment allez-vous éviter le/vous débarrasser du… loup déguisé en agneau (*)? Confiez-nous votre méthode!

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“Lorsqu’on joue un tour à quelqu’un, il faut prendre garde à ne pas être pris à son propre piège.” Esope

Après le secteur du voyage, à qui le tour?

(*) ” Loup déguisé en agneau”. Un conte de Grimm fait exactement la même allusion: un loup (Blutbad) se fait passer comme inoffensif auprès de mouton (Seelengut) alors qu’en réalité celui-ci est un monstre. Un loup affamé rôdait toujours autour d’un troupeau d’agneaux. Mais le berger montait si bien la garde qu’il ne pouvait guère s’en approcher. Un jour, non loin du pré, le loup trouva une peau d’agneau que le berger avait abandonnée. Ravi de l’aubaine, le loup l’enfila par-dessus sa fourrure et se mêla au troupeau. Personne ne le reconnut car tout le monde croyait que c’était un mouton parmi d’autres. La nuit venue, le berger, qui avait très faim, décida de sacrifier un animal pour son souper. Il vit un mouton qui s’approchait lentement de sa cabane. Comme le déguisement du loup était vraiment parfait, le berger le prit pour un de ses moutons et lui asséna un grand coup de gourdin. C’est ainsi que l’ingénieuse idée du loup lui fut fatale.

“Dissimilé sous une peau de mouton, le loup se mêla au troupeau. Un agneau se mit à le suivre et fut aussitôt conduit à l’écart pour y être dévoré.” Esope

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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